A la tour de Gryffondor, la fête battait son plein, et moi,
j’étais restée assise dans un fauteuil, près du buffet.
Alors que tout le monde s’amusait, moi, je l’attendais, je
me faisais du souci pour lui. Rares étaient les paroles de mes amis que je comprenais.
J’entendais quelques fois Dean ou Hermione m’inviter à danser avec les autres,
mais je ne leur répondais qu’avec un sourire pas très convaincant à mon avis.
Je sirotais tranquillement ma bière-au-beurre quand Ron vint
s’asseoir à côté de moi.
-Lav-lav n’est pas avec toi ? Demandai-je, l’esprit
moins occupé qu’auparavant pour ne pas éveiller ses soupçons.
-Ferme-là, Ginny, et laisse-moi tranquille.
-Pourquoi ? Tu devrais l’appeler, c’es sûr qu’elle est
en train de se faire du souci pour son Ron-Ron.
-Dommage, mais Lavande n’aime pas s’asseoir à côté
d’abruties comme toi.
Je le vois porter sa main vers sa joue gauche, devenue
écarlate suite à la claque que je viens d’administrer à mon crétin de frère,
puis il me lance l’un de ses regards les plus meurtriers et s’enfuit vers son
dortoir.
Quant à moi, je me lève à mon tour pour piquer des petits
fours du buffet quand je sens plus que je vois le portrait de la grosse dame se
retourner.
Au fond de moi, je sais de qui il s’agit. Je le sens.
C’est lui. Lui, pour lequel je suis descendue à cette soirée. Lui, que
j’attendais impatiemment depuis plusieurs heures sans que personne ne s’en
rende compte. Lui, que j’ai aimé dès le premier regard, et que je pensais
oublier en fréquentant d’autres garçons. Je n’ai pas pu l’ignorer, je n’ai pas
pu le regarder sans imaginer dans ma tête qu’il m’aimait, que nous formions un
magnifique couple qui ne se trahirait jamais.
Aujourd’hui, j’ai le sentiment que tout va changer. C’est
pour cela que je suis ici, maintenant, en train d’attendre l’homme que j’aime.
C’est maintenant ou jamais. Courage Ginny, courage. N’es-tu pas une satanée
Gryffondor ? Alors fonce ! Montre-lui ce que tu ressens, ce que tu as
toujours ressenti pour lui. Fais en sorte que ton rêve se réalise. Peu importe
quelles seront les conséquences. Tu as vécu bien plus de dangers que ça. Si un
basilic, un journal intime ensorcelé, ou encore Voldemort ne t’ont pas
effrayé, pourquoi as-tu tant peur pour une simple histoire de cœur ?
Fonce, Ginevra Weasley. Fonce.
Je me mets à bousculer tout ce qui se trouve dans mon
chemin, que ce soit une table, des verres ou des personnes pour arriver au trou
ouvert du portrait de la grosse dame pour enfin me jeter dans les bras de Harry.
Je le vois sourire, et sans comprendre pourquoi, je me mets à sourire, moi aussi. Et sans se soucier des cinquante paires d’yeux qui nous scrutent, il m’embrasse. Il m’embrasse avant que je n’aie pu lui déclarer mon amour. J’aurais rêvé de tout sauf ça. De tout, sauf le fait que mes sentiments vers Harry puissent être réciproques.
Je le vois sourire, et sans comprendre pourquoi, je me mets à sourire, moi aussi. Et sans se soucier des cinquante paires d’yeux qui nous scrutent, il m’embrasse. Il m’embrasse avant que je n’aie pu lui déclarer mon amour. J’aurais rêvé de tout sauf ça. De tout, sauf le fait que mes sentiments vers Harry puissent être réciproques.
Et en cet instant, tandis que les lèvres de mon amant ne se décollent pas des miennes, je me sens presque invincible. Je ne
me soucie ni du bruit de verres brisés, ni des gloussements de rire de Lavande,
ni du regard pesant de mon frère qui me brûle le dos.
Tout ce que je voulais, c’est que ce moment ne finisse
jamais.
[Fin]

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