Dehors, la
neige tombait dru. Aludra, légèrement frigorifiée, tira un peu plus sur son
manteau pour se réchauffait.
C'était un 22 Décembre, et elle avait préféré
passer ses vacances de Noel à Poudlard. Elle avait voulu découvrir comment se
déroulaient ses festivités dans l'école de la sorcellerie qu'elle considérait
comme sa deuxième maison.
Mais, malencontreusement, tous ceux qu'elle
connaissait étaient partis chez leur famille, chose qu'elle n'avait pas du tout
prévu. Et la voilà maintenant seule dans la tour de Gryffondor, maudissant son
choix, en train de geler malgré le mince réchauffement que lui procuraient ses
habits.
Autour d'elle, une demi-dizaine d'élèves
jouaient et riaient ensemble, sauf l'un deux qui était tapi tout seul devant la
cheminée. Sirius Black était le seul septième année qui, comme elle, semblait
avoir eu la mauvaise idée de rester à Poudlard. Elle ne savait pas pourquoi,
mais il semblait en proie à un profond malheur, contrairement aux jours de
cours quand il était accompagné par les autres Maraudeurs. Aussi décida-t-elle
d'aller lui parler un peu, pour mettre fin au malheur du jeune homme et à son
propre ennui.
Elle se dirigea à vive allure vers Sirius, et
s'assit à côté de lui, face à la cheminée ou crépitait un feu sans arrêt, mais
ce dernier ne sembla pas le moindre du monde lui prêter attention.
-Black?
Aucune réponse.
-Sirius?
-Quoi encore?
-Ça va?
-On peut dire ça comme ça. Tu peux n'en aller,
s'il te plait?
Aludra afficha un air consterné et quitta les
lieux. Elle était tellement en colère contre l'attitude du Maraudeur qu'elle ne
prêta même pas attention à l'endroit ou elle se dirigeait.
Elle entra au dortoir, et retomba sur le premier
lit qui lui tombait sous la main, s'abandonnant à la solitude.
Au bout d'un moment qui lui parut durer une
éternité, elle sentit ses paupières s'alourdir et s'abandonna à un sommeil sans
rêve.
Il était presque le coucher du soleil quand elle
ouvrit un œil, puis deux, remarquant qu'une silhouette floue était assise sur
le lit d'abord côté.
C'était impossible. Normalement, ce dortoir
n'était que pour les filles de septième année, et depuis le début des vacances,
elle seule l'occupait.
-Qui êtes-vous? Et que faites-vous ici?
-Je pourrais te retourner la question. Lui
répondit une voix d'homme qu'elle avait l'impression de connaître. Ici, c'est
mon dortoir.
-B…Black?
Aludra se sentit rougir jusqu'au cou, et se
releva pour quitter l'endroit où ces traitreux pieds l'avaient amenée.
A peine fit-elle un pas vers la porte qu'elle
sentit deux bras forts la prendre par les épaules et la tirer en arrière.
Ses minces tentatives pour se détacher ne
l'empêchèrent pas de se retrouver assise a cote de Sirius Black qui ne la
lâchait toujours pas.
-Mais qu'est-ce que tu me veux, Black?
-Tu ne m'appelles plus Sirius, maintenant?
-Tu viens de m'envoyer balader il n'y a pas cinq
minutes de cela et-
-Cinq heures. Pas cinq minutes. Je te rappelle
que tu es tombée dans les bras de Morphée.
-Peu importe. Et maintenant tu te mets en
travers de mon chemin? Qu'est-ce qui te prend, à la fin?
-Je voulais juste...m'excuser pour ce que je
t'avais dit tout à l'heure. Je ne le pensais pas vraiment. C'est juste que
j'étais profondément plongé dans mes pensées et tu-
-Je comprends. Je ne t'en voulais pas du tout.
Mentit-elle.
-Merci...euh...Comment tu t'appelles déjà?
-Tu sais remonter le moral, toi. Aludra. Aludra
Cooper.
-Ca alors! Ton prénom est celui d'une étoile qui
appartient a la constellation de Canis Major.
-Oui, et alors?
-Le mien aussi. Sirius est la plus grande étoile
de cette même constellation, et Aludra se trouve juste à cote.
-Ah...Super coïncidence, hein? Mais je dois te
laisser, je dois aller à mon dortoir pour me changer, il fait froid.
-D'accord. Au revoir.
-Au revoir, Black.
En un clin d'œil, Aludra fut dans son dortoir et
enfila des mitaines pour la tenir au chaud avant de descendre à la salle
commune pour faire son devoir de DCFM.
Il était Six heures précises du matin quand
Aludra ouvrit les yeux. Elle prit sa douche, enfila ses plus chauds vêtements
et descendit à la salle commune, scrutant le tableau d’affichage et constatant
avec joie que la sortie à Près au Lard était programmée pour le jour même.
Elle continua son chemin jusqu'a la Grande
salle, ou elle s'installa a cote des Gryffondors.
Elle était en train de déguster son deuxième
morceau de bacon quand elle sentit une lourde masse tomber sur le banc a sa
gauche.
-Bonjour Cooper.
-Bonjour Black.
-Bien dormi?
-Ouais, un peu. Et toi?
-Encore une nuit blanche, comme toutes les nuits
de ma vie.
-Pourquoi? N'arrives-tu pas à dormir?
-Mon esprit est trop occupé pour se permettre de
dormir.
-Occupé par quoi?
-Par des horreurs que tu n'as sans doute pas
vécues, heureusement pour toi.
Elle ne répondit pas, interloquée. Elle avait
terriblement pitié de Sirius Black, et se contenta de lui serrer amicalement
l’épaule droite en signe de réconfort.
-Désolé de t'avoir fait passer ma mauvaise
humeur, Cooper.
-Non, non, ne t'inquiète pas. Ce n’est rien.
-La sortie à Près au Lard est prévue pour
aujourd'hui.
-Je le sais bien.
-Je me disais que tu...pourrais...heu…venir avec
moi pour me faire pardonner.
-Est-ce une façon pas très subtile de me
demander de sortir avec toi?
-Non, bien sur que non. Je ne pensais pas du
tout à cette tournure de ma demande.
-Non, merci. Comme disent les Moldus:
"Mieux vaut être seul qu'être mal accompagne."
Si la Gryffondor ne s'était pas retourné pour
regarder Rusard faire irruption dans la Grande Salle et chuchoter une brève Réplique
au directeur, elle aurait remarqué l'air consterné de Sirius, qui s'empressa
d'afficher son masque normal.
-Bon, eh bien, puisque tu préfères être seule,
je me vois dans l'obligeance de te laisser. Fit-il avant de passer un pied au
dessus du banc.
Aludra, qui avait l'esprit vif (n.d.a: C'est
normal pour une Gryffondor), attrapa le bras droit de Sirius aussi fermement
qu'elle put.
-Attends! Implora-t-elle d'une voix neutre. Je
te faisais marcher, c'est tout. Après tout, tu le mérites. J'ai parfaitement le
droit de te rendre la pareille.
-Tu ne serais pas un peu Serpentarde, toi?
Demanda-t-il en s'asseyant.
-Si. Le choixpeau fallut de peu m'y envoyer. Et
en voyant la mine sinistre de son interlocuteur, elle s'empressa d'ajouter:
N'aie pas des préjugés me concernant. Je n'ai jamais aime les Serpentards.
-Je sais que tu es au fond de toi une bonne
personne. Ca se voit. Je l'ai su depuis que tu m'as demande si j’allais bien
dans la salle commune.
-Merci.
-Je te retrouve a la salle commune a 14h cet après
midi?
-Heu…je n'ai pas encore bouclé mon devoir de
DcFM.
-15h?
-Va pour 15h.
La conversation s'arrêta la et tous deux se dirigèrent
vers leurs dortoirs respectifs après avoir mange copieusement.
Sirius était allonge sur son lit rouge, les yeux
fermes, son esprit divagant dans le vide, et n'entendit pas les coups qui
frappaient a la porte, ni la fille aux cheveux châtain entrer réprimant une
grimace d'agacement.
-Black? BLACK!
-Cooper! Mais qu'as-tu a crier comme ça?
-Sais-tu quelle heure est-il?
-14h et quelques...
-Il est 15:30 et monsieur est encore en train de
rêvasser. Si tu espérais te faire pardonner, eh bien c'est raté!
-15:30?! Je suis vraiment désolé, Cooper. Je me
change sur le champ et je te rejoins.
-D'accord. Je suis en bas.
Sirius ouvrit son armoire a la volée, s'habilla
en deux temps trois mouvements, et descendit a la salle commune après avoir mis
la carte du Maraudeur dans la plus grande poche de son jean.
Aludra attendait le Gryffondor en tapant des
pieds. Elle ne supportait pas qu'on la fasse marcher, ni attendre. Quelle malchance!
Pour une fois que quelqu'un essayait de la sortir de son ennui, il fallait
qu'il soit lui-même un tête-en-l'air.
Elle appréciait sincèrement les efforts que
faisait Sirius Black pour lui épargner sa solitude, aussi se promit-elle au
plus profond de sa personne de lui rendre la pareille. Et malgré les efforts
qu'elle faisait pour l'oublier, elle se rappelait toujours ce frisson qui
l'avait parcouru quand le jeune homme l'avait prise par le bas.
Elle sentit soudain une main sur son épaule, ce
qui la fit se retourner. Elle découvrit derrière elle un Sirius Black souriant
timidement -comportement qu'elle trouva assez bizarre pour un Maraudeur-.
-On y va? Demanda-t-il.
-Quand tu voudras.
Une fois à Près au Lard, les deux rouge et or se
dirigèrent vers le magasin de farces et attrapes de Zonko suite a la demande du
Maraudeur.
Ils passèrent la journée à faire le tour des magasins
en parlant de tout et se rien, riant et s’amusant.
Au bout d’un moment Sirius s’excusa pour repasser
chez Zonko prendre la commande de James qui n’arriverait qu’après une demi-heure.
Aludra en profita pour s’acheter de nouveaux vêtements
et choisir ses cadeaux de Noël pour ses amis et sa famille, et surtout Sirius.
Elle retrouva dans l'un des magasins Regulus black
qui était entrain d'admirer une veste en cuir noir, suivi de près par ses amis Serpentard.
Ce dernier ne lui prêta pas attention et continua ses achats, et elle fit de même.
Ce dont elle n'avait aucune idée, c’est que non
loin de la Sirius faisait la même chose du moins préoccupe par le choix du
cadeau de Noël pour Aludra.
Que pouvait-il bien offrir a une fille comme
elle? Certainement pas quelque breloque sans intérêt !
Il continua à longer les vitrines jusqu’à s’arrêter
net devant un objet précis.
C'était parfait.
A 17h précise, ils se retrouvèrent comme prévu
aux trois balais, et s'installèrent dans un coin silencieux de l’auberge.
-Tu as acheté quelque chose?
-Oui, de nouveaux vêtements et des sucreries. Et
toi?
-Oh, pas quelque chose de vraiment intéressant.
Tu veux boire quelque chose?
-Oui, une bièrraubeure, s'il te plait.
Sirius se dirigea vers. Le comptoir et revint
avec ne bièrraubeure et un whisky pur feu aux mains.
-Tu as prévu quelque chose pour demain?
-Je ne sais pas trop, je vais peut-être aller a
la bibliothèque, j'ai des recherches a faire.
-Des recherches? A propos de quoi ?
-C'est un secret. Tu le sauras bientôt.
-Si tu le dis.
Et elle porta son verre à sa bouche, avec un
sourire en coin.
Apres avoir passe une heure a discuter de sujets
qui leur tenaient à cœur en buvant leurs boissons, ils décidèrent enfin a
quitter les trois balais en route vers Poudlard, tandis que les précipitations
de neige se faisaient de plus en plus fortes et que le froid s'intensifiait.
Contrairement a Sirius duquel émanaient de puissantes
bouffes de chaleur, Aludra était frigorifiée, et commença a greloter, ce que le
Mauradeur ne manqua pas de remarquer.
-Tu as froid Aludra?
Cette dernière ne put s'empêcher d'ouvrir des yeux
ronds. C'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom.
-Quoi? Tu veux que je continue a t'appeler Cooper?
Pas de probl-
-Non, non, surtout pas, je...je préfère que tu
m'appelles Aludra.
Il sourit et entoura Aludra de son écharpe qu'il
avait enlevée sans qu'elle le remarque.
-Quoi?! Et toi? Tu vas geler, Sirius, ce n'est
vraiment pas la peine...
-Regarde-toi! Un peu et tu te transformeras en
Yéti!
-Merci, Sirius.
Et sans
prévenir, Aludra se leva sur la pointe des pieds et embrassa la joue du rouge
et or, qui laissa paraitre bien malgré lui un large sourire.
-Tu sais, ce n'est rien. Expliqua-t-il. Je me
suis déjà retrouve en caleçon enfoui sous la neige.
-James Potter?
-L'authentique. Même son meilleur ami n'échappe
pas a ses farces.
-Il doit alors être sympa comme ami. Il n'en a
pas l'air...
-Qu'est-ce que tu sous-entends par la?
-Pas grand chose, sauf que son passe temps préféré
est d'humilier et de rabaisser les autres.
-Pas "les
autres". Seulement ceux qui le provoquent.
-Severus Rogue ne l'a jamais provoque. Pas
autant que je sache.
-Le simple fait que Servilus existe incombe
qu'il nous tape sur le système.
-C'est pas une excuse, ca.
-Bon. D'accord. Je ne nierai pas qu'il y a aussi
le fait que James soit jaloux de Servilus.
-Jaloux?
-Parce que James a toujours eu le béguin pour
Lily Evans, et qu'elle préférait Servilus a James. Toute l'école est censée être
au courant de cette histoire!
Elle se tapa le front de sa paume droite.
-C'est vrai! J'ai totalement zappé sur ce coup
la. Et Evan Rosier?
-Futur mangemort.
-C'est pour ca que vous l'embêtez? Mais vous n’êtes
pas crédibles! Et Nott?
-Futur mangemort aussi.
-Regulus Black?
Elle regretta aussitôt sa question; Sirius avait
ferme ses poings si fort que ses jointure étaient devenue blanches.
-Je suis vraiment désolée Sirius, je...ne savais
pas...Je ne savais pas que ca allait te mettre dans un tel état.
Il l'ignora superbement, et rentra au château
tout seul à une vitesse éclair, la laissant seule derrière lui.
Seule? Pas vraiment, non.
Aludra se faisait l'idée que Sirius était encire
près d'elle, et la réchauffait de sa présence. Et seule son écharpe lui
procurait cette sensation, d'ou dégageait le délicieux parfum du Maraudeur…
Le lendemain matin, Aludra se réveilla en se remémorant
les évenements de la veille, et se mit a se morfondre sur sa betise. Il fallait
qu'elle aille s'excuser devant Sirius. Elle ne savait pas pourquoi mais elle
etait sure qu'elle l'avait blesse.
Aussi décida-t-elle de monter le voir dans son
dortoir. Il faisait encore trop tôt, et personne ne serait éveillé par une
heure pareille.
Personne, sauf elle. Et Sirius.
Elle entra sans même frapper à la porte, et avança
en silence. C'est pourquoi Sirius ne se rendit même pas compte de sa présence,
continuant de contempler un objet qui n'était pas dans l'angle de vue de la
jeune femme.
Cette dernière, curieuse, s'approcha davantage
et fut bouleversée par ce qu'elle vit.
Sirius avait dans ses mains une ancienne photo, représentant
deux petits garçons enlacés qui riaient de bon cœur, on remarquait à peine la différence
d'âge entre eux, et Aludra émit l'hypothèse que ce serait deux frères. Apres un
court moment, celui qui semblait être le plus grand frère ébouriffa les cheveux
de son cadet qui le regardait avec admiration depuis le début de la scène.
-Qui c'est, sur la photo, Sirius? Ne s'empêcha-t-elle
pas d'interroger.
Sirius, n'ayant pas remarque sa présence,
sursauta tellement fort qu'il tomba de son lit.
Il se remit sur ses pieds et lui jeta un regard
noir.
Elle retomba sur le sol et enfouit sa tête entre
ses genoux.
-Désolée, Sirius. Je suis vraiment désolée...Je
ne suis...Qu'une...bonne a rien...Sanglota-t-elle. A chaque fois que j'approche
quelqu'un...je lui cause…des...ennuis...Désolée!
Elle ne sentit la présence du Maraudeur à coté
d'elle que lorsqu'il l'entoura de ses bras.
-Ne t'excuse pas pour ca, voyons! La réconforta-t-il
gentiment. Et si tu veux tout savoir, personne ne m'a jamais rendu aussi
heureux avant que je ne fasse ta connaissance...
Elle ouvrit des yeux ronds.
-C'est vrai?
-Parfaitement.
-Merci...
-C'est à moi de te remercier!
-Tu...tu ne m'en veux pas pour hier?
-Pour hier? Mais que racontes-tu, enfin? Bien
sur que non?
-Ah bon? Merci, Sirius!
Elle se jeta à son cou sans même voire la mine hébétée
du jeune garçon. Puis, sentant que l'atmosphère devenait un peu tendue, il relâchèrent
tous deux leur étreinte, tandis que le visage d'Aludra virait au rouge pivoine.
-C'est moi qui devrait avoir honte, pas toi,
Aludra...Commença-t-il. Mon comportement hier n'était pas vraiment digne d'un
Gryffondor. S'enfuir comme un lâche...On dirait un de ces foutus Serpentards.
-Pas du tout. Je ne te jugerai jamais comme ça,
moi. Gryffondor ou pas, nous restons des êtres humains et avons parfaitement le
droit de nous cacher pour pleurer-
-Je n'ai pas pleuré! Riposta-t-il.
-Peut-être. Tout ce que je voulais dire, c'est
que le fait d'être courageux ne veut pas dire qu'on est dépourvus de
sentiments.
-Si tu le dis...Tu veux qu'on descende prendre
notre petit déjeuner?
-Je vais d'abord prendre une douche. Mais si tu
as faim, je ne te retiens pas, tu sais!
-Non. Je t'attendrai. Réclama-t-il.
Et, quand il entendit les pas de la Gryffondor
s'éloigner,il ajouta pour lui même:
-Après tout, tu le mérites…
Il était profondément touché.
Jamais quelqu’un n’avait pleuré parce qu’il lui avait fait du mal. Ils
le maltraitaient, puis s’en allaient, le sourire aux lèvres. Jamais quelqu’un
ne s’était excusé auprès de lui lorsqu’il l’avait blessé. Jamais quelqu’un ne
lui avait donné autant d’importance. Il se devait, au moins, de lui rendre la
pareille, de la rendre heureuse comme elle l’avait rendu heureux.
Ce qu’il ne savait
pertinemment pas, c’est qu’Aludra s’était fait la même promesse il n’y a même
pas 12 heures de cela.
Après avoir copieusement
mangé, les deux lions se séparèrent et chacun se dirigea vers son travail.
Pendant que Sirius faisait
ses devoirs dans la salle commune, Aludra, elle, avançait dans ses recherches
dans la bibliothèque, sa main dessinant une vue parfaitement claire d’un
certain endroit, les crayons en couleur s’éparpillant sur la table de travail,
sous l’œil pas très approbateur de Mme. Pince, la bibliothécaire.
Deux jours passèrent ainsi,
les repas ensemble, puis chacun perdu dans son travail, puis une balade nocturne
pour prendre de l’air.
Mais, une fois réveillée le
matin du 24 Décembre, les deux Gryffondor avaient le sentiment indéniable que
ce jour là ne serait pas comme les autres. Et ils n’avaient pas tort.
Au cours du petit déjeuner,
le directeur Dumbledore annonça qu’il leur avait réservé un petit festin pour
le soir même.
-Comme vous l’avez
certainement remarqué, expliqua-t-il, le nombre d’élèves restés à Poudlard pour
Noël a beaucoup diminué cette année. Je sais que chacun d’entre vous sait
pertinemment la raison de cela. Le Seigneur des Ténèbres et ses sectateurs deviennent
de plus en plus forts ces derniers temps, les meurtres de plusieurs Moldus de
plus en plus fréquents. C’est pourquoi certains parents ont préféré garder
leur enfants près d’eux, -en parfaite
sécurité, disent-ils-. Mais je tiens à vous préciser une chose : en ces
temps troubles, Poudlard est bien plus sûre comme endroit que toutes les
maisons du monde. Cependant, je
souhaiterais que vous restiez tout de même vigilants, surtout pendant les
sorties à Pré au Lard.
J’ai pensé qu’un léger
petit divertissement ce soir nous ferait oublier la situation dans laquelle
nous nous trouvons. Et comme je le dis toujours, mieux vaut profiter du bonheur
tant qu’il en reste un petit peu dans le monde. Il ne faut pas se morfondre sur
notre sort. Ayez une bonne foi en votre destin, et tout ira bien.
Revenons-en au sujet
initial ; ce soir, j’ai organisé un petit dîner autour d’une table ronde,
en compagnie de moi, et des quelques professeurs restés au sein de
l’établissement. Vous pouvez y participer si vous le souhaiter, et le contraire
est possible aussi.
Vous pouvez continuer ce
que vous avez commencé, c’est-à-dire votre petit déjeuner.
Sirius se pencha vers
l’oreille d’Aludra et, tandis que des vagues d’applaudissements déferlaient sur
la grande salle, il lui chuchota tout bas :
-Dumbledore a raison.
Poudlard est plus sûre que tout autre endroit, tu ne crois pas ?
-Si. Et tu comptes aller au
festin ce soir ?
- Je ne sais pas, peut-être
que oui. Et toi ?
-Si tu ne viens pas, moi
non plus.
-Est-ce que tu veux
y aller ?
-Sans façon ? Ouais.
-Alors je viens.
-Merci, Sirius, t’es
adorable.
Et elle lui serra gentiment
la main.
-Oh, ce n’est rien. Après
tout, Dumbledore a vu juste. On a vraiment besoin d’un peu de bonheur en ces
temps troubles.
-Ouais, sûrement.
Dix heures après, Aludra et
Sirius étaient en train de se préparer. Tous les deux avait opté pour la
discrétion. Aussi le jeune homme avait-il mis un Smoking noir, et la jeune
femme avait-elle enfilé une robe qu’elle trouvé un peu osée pour son décolleté
plongeant et son dos nu mais assez simple, sa couleur bleue foncée faisant
clairement ressortir le châtain aux reflets roux de ses cheveux.
Une fois prête, elle
descendit retrouver Sirius.
Ce dernier était affalé sur
le canapé, et dès qu’il entendit des pas provenant des dortoirs féminins, il se
retourna pour voir la jeune femme descendre les escaliers.
-Tu es…très belle.
-Merci, Sirius. Tu n’es pas
mal non plus !
-Pas mal ? Tu es
accompagnée par le plus beau des Maraudeurs, et tout ce que tu trouves à me
dire, c’est que je suis pas mal ? Plaisante-t-il.
-Bon, ok. Tu es très, très
beau. Ca te va ?
-Bien sûr que ça me
va ! Je plaisantais. On y va ? Demanda-t-il en lui tendant la main.
Elle la saisit et
répondit : -Bien sûr.
La soirée se passa à
merveille pour tout le monde. On riait, plaisantait, parlait de tout et de rien.
Aludra et Sirius se chuchotaient quelques fois des remarques à propos des
blagues pas très rigolotes du professeur Slughorn ou Dumbledore.
Finalement, après avoir
dégusté le plus beau repas de l’année, les deux Gryffondors montèrent à leur
salle commune. Aludra allait gravir la première marche des escaliers menant
vers les dortoirs féminins quand elle entendit Sirius la héler :
-Aludra !
Attends !
-Oui ?
-Descends, je voudrais te
parler…
-O.K.
Elle revint vers lui, et à
sa grande surprise, le jeune homme la prit par la main et l’entraina dans son
dortoir.
-Sirius, mais qu’est-ce qui
te prend, bon sang ?
-Je t’expliquerai quand on
sera arrivés à mon dortoir. Sois patiente, veux-tu ?
Ils arrivèrent enfin à
destination, et il la lâcha enfin.
-Tu ne voulais quand même
pas dormir à cette heure-ci ? On est en plein réveillon et Miss Cooper
veut dormir à 22h ? Reprit-il.
-Bah, si, puisque je n’ai
rien à faire…
-Rien à faire ? Ce
n’est pas en compagnie d’un Maraudeur que tu vas t’ennuyer, ma belle !
-Et t’as prévu quoi ?
-Un jeu de Moldus que
j’aime bien…
-T’es sûr que ça va,
Sirius ?
-Absolument,
pourquoi ?
-Un sang pur qui aime des
jeux Moldus, on n’en voit pas tous les jours !
-Epargne-moi ces foutaises,
s’il te plait !
-Ok, ok, et c’est quoi ce
jeu ?
-Action/ Vérité.
-Ah, ouais, je connais ce
jeu, Nelly m’en a parlé !
-Nelly ?
-Une amie née-Moldue.
-Content que tu n’utilises
pas l’autre terme !
-Bref. Ne prends pas la
peine de m’expliquer le jeu, je sais très bien en quoi ça consiste. On
commence ?
-Quand tu voudras. Par
galanterie, je te laisse jouer la première.
-Merci bien.
-Action ou vérité ?
-Vérité, mais vas-y
mollo !
-Qui est la personne qui
compte le plus pour toi, en ce moment ?
Elle avait senti comment le
Maraudeur avait prononcé les trois derniers mots, et elle savait pertinemment
qu’il connaissait la réponse d’avance.
-Toi. Répondit-elle. Tu ne
serais pas un peu Serpentard, toi aussi ? Tu savais ce que j’allais
répondre !
-Je voulais l’entendre de
ta propre bouche, pour en être sûr.
-N’importe quoi !
C’est ton tour ; action ou vérité ?
-Action. Après tout, je
suis Gryffondor, et comme on dit, se précipiter d’abord, poser des questions
plus tard.
-Oui, oui, c’est ça. Je te
défie de…J’ai trouvé ! Je te défie de descendre à la salle commune appeler
les sixième années pour venir jouer avec nous.
-Quoi ?! Mais
pourquoi ?
-Je ne sais pas…Ca serait
plus divertissant ! Plus on est de fous, plus on rit.
-De toute façon je n’ai pas
le choix. Je reviens.
Deux minutes plus tard,
(n.d.a : il est rapide, notre Sirius <3) Sirius revint suivi d’une
demi-dizaine de Gryffondors. Heureusement, Aludra les connaissais tous et les
appréciait. Il y avait trois garçons ; Kevin, Brendan et Jack, et deux
filles ; Ally et Veronica.
-Coucou, les gars !
Lança-t-elle, et elle reçut cinq « Salut, Aludra ! » accompagnés
de grands sourires.
Sirius leur expliqua la
procédure du jeu puis les sept Gryffondor s’assirent en cercle sur un tapis.
Ils décidèrent de jouer à tour de rôle en commençant par Ally, qui choisit
Aludra.
-Action ou vérité ?
Demanda-t-elle.
-Action. Répondit
l’interpellée.
-Bien. Je te défie de
lancer un clin d’œil au garçon que tu trouves le plus beau dans cette pièce. Et
si ça peut te faciliter la tâche, les filles vont fermer les yeux.
-Hé ! L’interpella
Sirius. C’est de la triche, Ally. Vous ne fermerez pas les yeux. Sérieusement,
à quoi peut bien servir une action si on ne la voit pas s’accomplir ?
-Sirius a raison, Ajouta
Aludra. Veronica et toi pouvez regarder…A qui puis-je bien lancer ce clin
d’œil ? Grommela-t-elle.
D’après la rouge et or,
tous les quatre garçons qui étaient dans la pièce étaient plutôt mignons.
Cependant, elle préférait Sirius, mais ne voulait pas attrister les autres en
le désignant lui.